Partager l'article ! Présentation de la charte mainvilloise de la laïcité (vendredi 9 décembre 2011): L’idée de réaliser une charte locale de la laïcit ...
L’idée de réaliser une charte locale de la laïcité a germé dans nos esprits au lendemain du centenaire de la loi de 1905 que nous avons célébré dans cette même salle le 9/12/2005.
Et nous avons lancé l’idée l’année suivante lors d’une réunion tenue également dans cette même salle. Des esprits un peu moqueurs vont penser que nous n’avons pas été très rapides ! A cela je répondrai qu’il n’y avait pas non plus le feu. Mais, comme cela nous tenait à cœur, nous n’avons pas non plus oublié notre intention.
Dans le mandat précédent, nous avons surtout travaillé cette idée avec Charles CONTE, chargé de mission national sur la laïcité à la fédération des œuvres laïques, ici présent, que je remercie très sincèrement pour son apport théorique et pratique.
Depuis le début de ce mandat, j’ai confié la tâche de la finalisation de la rédaction de cette charte à Michel Thomas, Adjoint au maire délégué à la citoyenneté en copilotage avec Gilles Huard, Directeur Général Adjoint à la vie locale qui nous la présenteront dans un instant. Un grand merci également à eux deux et à toutes celles et ceux (élus ou membres des services) qui ont apporté leur contribution à l’élaboration de cette charte qui a pour moi la grande qualité d’être concise sans se contenter d’effleurer ce sujet.
Avant donc la présentation de cette charte qui sera suivie de projections, d’interventions de Charles CONTE et d’André BONJOUR que je salue et remercie d’avoir répondu favorablement à notre invitation pour évoquer ici le thème « patrimoine religieux et laïcité » et avant de donner la parole à celles et ceux d’entre vous qui le souhaitez, je veux reprendre l’essentiel des propos que j’ai tenus à l’occasion de la célébration du centenaire de la loi de 1905 et l’année suivante lors du lancement de la rédaction de la charte de la laïcité.
Au fond, la nécessité de cette loi est apparue suite au constat de ce que l’histoire nous a appris : une confusion des rôles entre le religieux et le politique conduit à des conflits qui divisent chaque jour un peu plus. Cela ne peut donc être le mode de fonctionnement d’une nation.
La seule voie possible est donc celle où chacune et chacun conserve bien évidemment le droit de croire mais aussi de ne pas croire (au nom de la liberté individuelle) mais en même temps où chacune et chacun doit respecter l’opinion de l’autre (cad la liberté d’autrui).
Et cela devient d’autant plus évident et incontournable lorsque le nombre de communautés différentes augmente au sein d’une nation (ou d’une commune).
Ainsi, il n’y a pas de vérité à priori à imposer à tous mais la possibilité pour tous de se déterminer.
C’est cela la laïcité. C’est ce qui permet à des communautés différentes de vivre ensemble.
La laïcité, c’est donc le concept qui nous permet de vivre ensemble en démocratie et qui permet à un Etat d’être, comme le disait A Briand, ni religieux, ni antireligieux mais areligieux (l’Etat se situe en dehors du champ confessionnel).
La laïcité, c’est aussi une éthique ; je citais cette fois-ci Jean Rostand : l’école laïque vise à « former les esprits sans les conformer, les enrichir sans les endoctriner, les armer sans les enrôler, les séduire au vrai pour les amener à leur propre vérité, leur donner le meilleur de soi-même sans attendre ce salaire qu’est la ressemblance ». Cette école laïque doit permettre, selon J Ferry (3ème et dernière citation) dans sa lettre aux instituteurs, de distinguer deux domaines trop longtemps confondus : celui des croyances, qui sont personnelles, libres et variables, et celui des connaissances, qui sont communes et indispensables à tous.
La laïcité est enfin la synthèse de notre trilogie républicaine …
En effet, c’est à la fois:
la liberté (de conscience qui ne se limite pas qu’à la liberté de croire ou pas),
l’égalité (des cultes en particulier sans qu’aucun ne soit reconnu par la république)
la fraternité (cad le respect de l’autre, ce qui permet de vivre ensemble avec nos différences).
Or, tout éducateur sait bien que pour ancrer durablement une notion au sein de son groupe, il faut non seulement répéter – mais aussi pratiquer cad faire vivre ce principe de laïcité dans notre commune, d’où l’idée de rédiger une charte locale de la laïcité qui comme la charte de la coéducation, sera proposée pour signature à nos partenaires locaux que sont les associations mainvilloises.
Nous espérons passer ainsi du concept nécessairement un peu abstrait de la laïcité à son application concrète et locale et nous contribuerons ainsi (du moins c’est notre conviction) à construire ensemble durablement notre avenir à Mainvilliers.
Au final, il n’y aura pas de signature de cette charte ce soir mais elle fera partie intégrante (avec la charte de la coéducation) des conventions de partenariat que nous proposons de signer avec les associations qui le souhaitent à partir du 12/01/2011 (jour les vœux groupés).
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